Figure du fragment, allégorie du temps, la ruine mêle savoir et imaginaire, réalité et rêve. Élevée au rang de genre, elle traverse l’histoire de la peinture, de l’architecture et de l’art des jardins depuis la Renaissance.
Aujourd’hui, quelle est la place de la ruine dans une société de consommation qui balaie et recycle ? Peut-on toujours prendre du plaisir à contempler la ruine ? Le ruin porn, "mouvement photographique" qui esthétise la dégradation urbaine de villes comme Berlin ou Détroit, est perçu par certains comme du voyeurisme. D’autres s’indignent que les trésors de Palmyre fassent l’objet d’autant d’attention de la part de la communauté internationale, que les oeuvres d’art semblent susciter plus d’empathie que le sort des populations locales ("L’art vaut-il une vie ?", Le Monde, 23/01/2016).
A l’aide de documents, d’une réflexion personnelle et d’esquisses préparatoires, vous proposerez un ou une série de visuel(s) qui exprime(nt) votre approche de la ruine.
Références : représentations de l’Apocalypse, ou de la chute de Babylone au Moyen-Age, les ruines antiques grecques et romaines à la Renaissance (MANTEGNA), soigneusement reconstituées au XVIIe siècle par POUSSIN et LE LORRAIN, magnifiées au XVIIIe siècle avec PIRANESE, HUBERT ROBERT, rendues fantastiques XIXe siècle par les peintres romantiques (TURNER, FRIEDRICH). Au XXe siècle, la ruine marque le pressentiment du désastre, exprime la fragilité et la désolation (Karl HOFER, Max ERNST « L’europe après la pluie"). La ruine est chargée de souffrance, marquée par le traumatisme de la guerre. Dans la seconde moitié du XXe siècle, on commence à s’intéresser aux ruines dans leur contemporanéité. (Anselm KIEFER, Anne et Patrick POIRIER…). Photographies de Joseph KOUDELKA, reportages sur l’incendie de Notre-Dame, les décombres, ruines de guerre, démolitions, chantiers, friches,... ruine sociale, politique, écologique,...
Matériel : documentation personnelle, carnet ou feuilles pour croquis, crayons noirs et couleur, fusain, gommes, carton-plume pour maquette, peinture acrylique, peinture à l’huile, pastels secs et gras, encres noire et de couleur, stylo bic, feutres, pots pour eau ou white spirit sans odeur, terre, bois, pierre, etc. Les esquisses du premier jour permettront de mieux évaluer les supports et outils utiles pour le deuxième jour.
ésam Caen/Cherbourg